Comment contrer la maltraitance et l’intimidation chez nos aînés?

Qu’ils soient la cible ou le témoin de maltraitance ou d’intimidation, 77 % des aînés affirment éprouver des craintes à se confier.

Ils craignent la vengeance, l’abandon, l’isolement, d’être perçus comme des délateurs, de ne pas être crus ou de devoir quitter leur milieu de vie.

Maltraitance : un guide conçu pour mieux la contrer 

Voilà pourquoi l’équipe de recherche de Marie Beaulieu, professeure-chercheuse à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université de Sherbrooke et au Centre de recherche sur le vieillissement (CdRV), ainsi que le Centre d’aide aux ainés victimes de maltraitance DIRA-Estrie, lancent un guide de pratique DAMIA (Demande d’Aide en contexte de Maltraitance et d’Intimidation envers les Aînés) afin de maximiser les activités de sensibilisation en matière de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées.

Faits saillants

  • Plus de 90 % des aînés demanderaient de l'aide auprès des ressources suivantes : organisme communautaire, CLSC, médecin, curé, famille, amis, police, Ligne Aide Abus Aînés (LAAA), regroupement d'aînés ou encore la direction ou le personnel de la résidence pour aînés.
  • Plus de 72 % des aînés en parleraient à un ami, alors que 66 % se tourneraient vers un membre de la famille.
  • À l’idée de demander de l’aide, les aînés de 55 à 64 ans sont deux fois plus nombreux à exprimer un sentiment de honte que les aînés de 84 ans et plus.
  • Près de 6 % des aînés ne demanderaient pas d’aide.

Trois ans de recherche auprès de 450 aînés

Le guide DAMIA émane d'un projet de recherche d’une durée de 3 ans.

« Près de 450 aînés ont contribué à identifier les freins et leviers anticipés à la demande d’aide. Le guide de pratique DAMIA répond donc aux besoins identifiés par les aînés puisqu’il s’appuie sur ce qu’ils nous ont dit. » Marie Beaulieu, titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke.

« Ce guide de pratique nous permettra de bonifier nos activités de sensibilisation selon les besoins exprimés par les aînés lors des groupes de discussion et lors de la passation des questionnaires. »  Lucie-Caroline Bergeron, coordonnatrice et intervenante chez DIRA-Estrie

Différence entre maltraitance et intimidation

La ligne est mince entre les deux. La maltraitance, qu’elle soit intentionnelle ou non, se produit au sein d’une relation de confiance alors que l’intimidation, quasi toujours intentionnelle, se produit dans tout type de relation. De plus, l’intimidation comprend un rapport de force qui s’installe, ce qui n’est pas explicite en maltraitance.

Chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne aînée sur six vivant à domicile est maltraitée. 

Bénévoles et organismes : procurez-vous le guide DAMIA

Le guide de pratique DAMIA se déploie en 2 fascicules. 

Fascicule 1 : Maximiser les activités de sensibilisation sur la maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées

Ce premier document s’adresse aux personnes administratrices et coordonnatrices d’activités de sensibilisation. Il présente des connaissances générales sur la maltraitance et l’intimidation et propose des pistes d’action pour élaborer, planifier et animer des activités de sensibilisation.

Fascicule 2 : Animation d’activités de sensibilisation pour lutter contre la maltraitance et l’intimidation envers les personnes aînées

Ce second guide s’adresse aux personnes, bénévoles ou employés, qui animent des activités de sensibilisation au sein d’organismes communautaires intervenant dans un contexte de maltraitance ou d’intimida­tion envers les personnes aînées. Il vise à préparer et soutenir les animateurs d’activités de sensibilisation.

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 Photo : Marie Beaulieu, chercheure au CdRV


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