Benoit Cossette - Un pharmacien au service du vieillissement

Risque accru

Il n’est plus rare à l’heure du repas de voir un aîné déposer devant son assiette une brochette multicolore de médicaments. Même si chacun d’eux est justifié, l’absorption de l’ensemble peut produire un cocktail aux effets parfois indésirables. Au Canada, on estime que plus d’un tiers (37%) des médicaments pris par des personnes âgées sont potentiellement inappropriés. Les médecins constatent une augmentation des événements indésirables, qui vont parfois jusqu’au décès.

L’expertise en pharmacie et en épidémiologie du professeur-chercheur Cossette s’avère donc de première importance en recherche sur le vieillissement: « Les ainés sont plus susceptibles de mal réagir à un médicament qu’un adulte en santé», dit-il.

Vers la déprescription

Pharmacien de profession, Benoit Cossette est devenu chercheur au CDRV, au sein de l’axe Autonomisation et environnement. Le professeur-chercheur, qui a aussi travaillé cinq ans dans l’industrie pharmaceutique à la conduite de grandes études internationales, apportera sa contribution dans des projets de recherche axés sur les besoins des patients (SRAP). « Nous voulons, par exemple, étudier les effets d’une collaboration entre pharmaciens hospitaliers et communautaires, pour établir des plans d’intervention pharmaceutiques  auprès de personnes âgées à risque », dit-il.

Un des enjeux, explique le chercheur, est celui de la « déprescription »: arriver à éviter la prescription, ou même enlever des médicaments dans l’ensemble pharmaceutique prescrit à des patients âgés.

Un riche parcours

Originaire de Gatineau, Benoit Cossette a mené ses études à Montréal avant de s’installer en Estrie. Il s’est passionné pour la recherche alors qu’il travaillait au CHUS : « En pleine épidémie de C-Difficile, nous cherchions à identifier les anti-microbiens les plus associés à cette épidémie », dit-il. Cet épisode l’a convaincu de l’importance de mener des études pour développer des connaissances de pointe.

 Au cours de ses post-doctorats, il a notamment participé au développement de stratégies de transferts de connaissances qui peuvent aider à réduire l’utilisation de médicaments potentiellement inappropriés. Au CHUS, avec le pharmacien Thomas Joly-Mischlich et l’équipe du professeur Jean-François Éthier, il a mené des projets qui s’appuient sur des données du dossier électronique  pour générer des alertes informatisées auprès des pharmaciens sur les patients à risques.

À l’Hôtel-Dieu, il a contribué à l’évaluation de l’impact d’un système capable de scanner en deux minutes les dossiers cliniques de plus de 125 patients, là où il faudrait près de 90 minutes par patient pour que le pharmacien évalue l’entièreté du dossier à la main. « Les outils informatiques apportent une grande efficience dans des situations complexes, dit Benoit Cosette, telles que les va et vient entre le domicile et l’hôpital de patients aînés qui subissent une série d’épisodes de soins. »


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