Valoriser la participation sociale des aînés autochtones

Quelle est la contribution des aînés autochtones aux solidarités entre générations? De quelles façons contribuent-ils à la santé, au bien-être et à la résilience de leur entourage, au sein des sociétés amérindiennes du Québec ? Ces questions sont au cœur des travaux que mène Chantal Viscogliosi, postdoctorante à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et au Centre de recherche sur le vieillissement du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Elle travaille sous la codirection du professeur Hugo Asselin (UQAT) et de la professeure Mélanie Levasseur (CdRV).

Chantal Viscogliosi a reçu une subvention de 25 000 $ du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) – une contribution rarement accordée à une postdoctorante . Son projet s’intitule : « Participation sociale des aînés autochtones et solidarités intergénérationnelles : une synthèse des connaissances visant à soutenir la résilience et le bien-être des communautés autochtones ».

La postdoctorante veut mettre de l’avant ce qui facilite les interactions au sein des communautés favorisant la transmission de savoirs traditionnels qui contribuent au bien-être. « Accroître la participation sociale bénéficie non seulement aux aînés, mais aussi aux jeunes et aux familles qui les entourent », dit-elle.

Dialoguer

Cette subvention fait partie des 28 projets soutenus par le CRSH à travers le Canada pour approfondir les connaissances sur l’expérience des Premières Nations, des Inuits et des Métis du Canada. Ces projets mettent l’accent sur le dialogue entre les chercheurs et les membres des collectivités autochtones. Dans son cas, la postdoctorante de Sherbrooke a l’appui du Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James et de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL).

« Il ne s’agit pas seulement de faire la synthèse d’articles scientifiques, explique-t-elle. Nous allons aussi recueillir des sources écrites, audio et vidéo d’organismes autochtones ou oeuvrant auprès des peuples autochtones. De plus, je vais rencontrer des aînés et des représentants de plusieurs nations (Innue, Atikamekw, Crie, Abenaquis, Anicinapek, Huronne-Wendat, Inuite et Mohawk) pour que ceux-ci partagent leurs connaissances sur leurs contributions, sur le rôle qu’ils et elles jouent dans le bien-être et la santé de leur communauté.»

Afin que les connaissances acquises puissent servir aux Premières Nations-elles-mêmes, Chantal Viscogliosi a prévu la tenue de cafés-rencontres dans les communautés. Ce sera l’occasion de partager les éléments-clés de projets où la contribution des aînés bénéficie au bien-être des communautés. « Ces exemples concrets seront présentés dans une « boîte à outils » qui inclura les défis et les conditions facilitatrices entourant leur implantation », dit-elle.

Chantal Viscogliosi a déjà développé son expertise sur la participation sociale des aînés à l’occasion de sa recherche doctorale réalisée au CdRV auprès d’aînés en perte cognitive.


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