(Portraits) - Professionnelle de recherche: Anne Veil, 20 ans de passion

Anne Veil n’aurait jamais cru que sa passion pour les questions sociales l’amènerait au cœur de projets majeurs en recherche. C’est à l’occasion de sa maîtrise en travail social (1995) qu’elle a découvert l’importance des questions sociales reliées au domaine de la santé. «Des engagements successifs dans le réseau de la santé et des services sociaux et au Centre de recherche sur le vieillissement m’ont permis d’assouvir ma soif de connaissances et mon attrait pour la recherche appliquée », dit la professionnelle de recherche. Son bonheur ? Voir que les fruits de ces recherches servent à changer ou à améliorer les services, les pratiques et les systèmes dans lesquels ils s’inscrivent.

Une vaste expérience

Les travaux sur l’intégration des services de maintien de l’autonomie (PRISMA) et, depuis 2008, ceux reliés aux Municipalités amies des aînés (MADA-Qc) ont pris la plus grande place dans son parcours professionnel.

Au fil des projets, Anne Veil a expérimenté différentes approches de recherche (évaluative, exploratoire, participative, recherche action) qui permettent d’observer, de recueillir et d’analyser des données issues directement des situations de vie des gens ou des intervenants, d’accéder à leur représentation de leur environnement (société / organisation) et de mieux comprendre les liens qu’ils entretiennent avec ces systèmes.

Son expertise principale se rapporte aux études d’implantation associées à une recherche sur les effets ou les impacts d’une intervention donnée ainsi que les recherches évaluatives. « J’ai eu l’occasion de me familiariser avec les études de cas (Yin), des modèles d’évaluation réaliste (Pawson, Chen) ou développementale (Quinn Patton), le modèle logique et d’autres, dit-elle. Tous ces projets m’ont permis d’utiliser des méthodes qualitatives et mixtes, tant auprès de groupes, dyades et individus, qu’ils soient usagers, professionnels ou dirigeants.

« J’ai également participé à la rédaction de protocoles de recherche, de demandes de subventions, lesquelles m’ont permis de rêver… et, de temps à autres, de fêter l’obtention de nouveaux fonds de recherche! Mes contributions au transfert de connaissances, offertes à différents publics cibles, soit par des articles scientifiques ou de vulgarisation, des chapitres de livres ou par des présentations lors de congrès et colloques, font partie de ma fierté d’appartenir à ces équipes.»

Chercheurs de renommée

Anne Veil a pu travailler avec des chercheurs de renommée, des visionnaires dans leur champ d’expertise. Qu’on pense, en particulier, à Suzanne Garon ou au  Dr Réjean Hébert : «Ils ont eu une grande influence sur mon parcours en me donnant l’occasion de relever des défis professionnels dont je suis très fière.»

Anne Veil mentionne aussi les chercheur(e)s Marie Beaulieu, feue Chantal Caron, Hélène Corriveau et Michel Tousignant. «Mais des collègues, professionnel(le)s et étudiant(e)s, m’ont aussi et maintes fois  épatée. C’est en les côtoyant que j’ai développé un sens d’appartenance à ma profession. Je me considère choyée d’avoir pu les connaître et d’avoir pu me réaliser comme professionnelle au Centre de recherche sur le vieillissement.»

Passion

Ceux qui travaillent avec Anne Veil le confirmeront : sa fibre d’intervenante sociale demeure vivante; elle se révèle en filigrane des recherches et des évaluations de programmes auxquelles elle contribue. « Ce qui est enthousiasmant, c’est de pouvoir dessiner les contours de changements importants dans les pratiques, dans les politiques sociales, dans les conditions qui influencent la vie de personnes ou de groupes socio-économiquement désavantagés, des personnes malades ou en perte d’autonomie. C’est là une profonde et authentique satisfaction, directement issue de mon engagement professionnel.»


Plus de sujets